Annonces de Jean Castex : où iront les 2 milliards d’aide promis à la Culture ?

La culture, au cœur de notre pays et de notre construction, marqueur du rayonnement international de la France, a largement souffert de la crise sanitaire. Avec 2 milliards d’euros pour la Culture, le ministère de la Culture, appuyé par Jean Castex, a décidé de lancer un plan de relance sans précédent pour reconstruire les secteurs culturels et soutenir les reprises d’activités.

Des annonces inédites pour soutenir la Culture 

Jean Castex avait déjà annoncé, 2 jours avant, la mise en place d’un nouveau mécanisme de compensation des pertes d’exploitation dues aux contraintes sanitaires pour soutenir la reprise d’activités des exploitants des salles. Selon lui, il est essentiel de reprendre : la vie et la création doivent être fortes. Ainsi, le Gouvernement consultera sans délai les exploitants afin de faire des propositions dans les prochains jours à la ministre de la Culture. 

« Depuis le début de la crise, le monde culturel et notamment le cinéma a fait preuve d’une résilience qui force l’admiration malgré les très grandes difficultés. Le secteur de la culture a été et continue d’être impacté par la crise sanitaire. Ainsi, le gouvernement a mobilisé plus de 5 milliards d’euros dans les secteurs de la culture et des médias et un arsenal de mesures exceptionnelles les plus ambitieuses d’Europe, ce qui constitue l’honneur de notre pays ».

Pendant le discours au festival du film d’Angoulême, Jean Castex annonce que l’État continuera à soutenir et accompagner le cinéma et assure vouloir aller plus loin grâce à un plan de relance. La culture bénéficiera d’une dotation exceptionnelle de 2 milliards d’euros sur 100 milliards du plan, ce qui représente plus du double de ce qui est consacré traditionnellement à la culture par l’État. Ce  choix inédit par le Président et le Gouvernement est fondé sur le constat que la culture reste un puissant levier pour conforter le pacte républicain et le lien social à un moment où ceux-ci sont questionnés. Cette relance doit s’accompagner d’une réaffirmation de notre modèle culturel. 

Jean Castex détaille ensuite les 3 défis du cinéma à relever :

  • redonner le goût de la salle de cinéma au jeune public, 
  • renforcer notre souveraineté culturelle, 
  • renforcer le soutien à la création, avec le CNC qui verra ses moyens renforcés par l’État à hauteur de 165 millions d’euros. 

Cette relance devra être exemplaire et solidaire, avec des engagements comme la diversité, la parité ou encore le développement durable, et irriguer tous les territoires. 

« En ces temps incertains, il faut plus que jamais investir dans la culture. Ces investissements bénéficieront à l’économie locale et à la sortie de crise, ce qui fait partie du rayonnement de la France (…). Tout sera mis en œuvre pour que les Français et les Français reprennent le chemin des salles obscures ». 

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Où iront les 2 milliards d’euros d’aide promis à la culture ?

Dévoilé ce jeudi 3 septembre, le plan de relance, appelé aussi France Relance, fait la promesse de 100 milliards d’euros pour éviter le décrochage économique. En effet, l’objectif est de permettre à la France de retrouver d’ici à fin 2022 le niveau de PIB de fin 2019, afin d’effacer l’impact de la crise sanitaire et de créer les emplois de demain notamment dans l’économie verte.

Quelles aides précisément pour la culture ? 

Comme promis par Jean Castex, 2 milliards d’euros de ce plan de relance seront attribués à la culture, gravement touchée par la crise sanitaire. En effet, le plan permettra de soutenir le patrimoine dans les territoires, favoriser la reprise du spectacle vivant et la reconquête du modèle de création, ainsi que la consolidation des grandes filières économiques culturelles.

Ainsi, cinq grandes priorités ont été dégagées :

  • La restauration du patrimoine pour 614 millions d’euros (280 millions pour la valorisation des métiers d’art et les savoir-faire d’excellence, 334 millions pour le soutien à la reprise d’activité des établissements publics patrimoniaux soutenant l’attractivité et le rayonnement international de la France), 

 

  • L’aide au spectacle vivant et aux établissements publics de création pour 426 millions d’euros (220 millions pour le spectacle vivant privé, hors mécanisme de soutien de la reprise d’activité, handicapée par la distanciation physique et 206 millions pour le spectacle vivant subventionné),

 

« Certaines de ces aides seront consacrées à la filière musicale dans son ensemble » afin de bénéficier aux producteurs, auteurs, diffuseurs et 10 millions seront directement accordés au CNM (Centre national de la musique) pour parachever « sa montée en puissance sur deux ans ». Enfin, 10 millions d’euros permettront « d’abonder le fonds d’urgence aux théâtres privés et aux compagnies non conventionnées ».

 

Le ministère de la Culture annonce que 206 millions seront destinés au spectacle vivant subventionné (dont 126 aux opérateurs publics nationaux comme l’Opéra de Paris ou la Comédie française) et 12 millions pour « l’emploi et les artistes auteurs ». 30 millions d’euros iront aux « institutions de spectacle vivant » (théâtre, danse, arts de la rue et cirque), 30 millions aideront « les ensembles, les orchestres et les festivals » et un fonds de 20 millions sera déployé « pour encourager la transition écologique des institutions de création en région »

 

  • Le soutien aux artistes et aux jeunes créateurs à travers des aides spécifiques à l’emploi, un programme exceptionnel de commande publique et un renforcement de l’enseignement supérieur culturel pour 113 millions d’euros (13 millions pour soutenir l’emploi artistique, 30 millions pour une grande commande artistique et l’élan à la création et 70 millions pour rénover les écoles de l’enseignement supérieur culturel), 

 

  • La consolidation des filières culturelles stratégiques (presse, cinéma et audiovisuel, livre, audiovisuel public, etc.) pour 428 millions d’euros (dont le plan filière presse pour 140 millions d’euros, le plan filière livre pour 53 millions, le plan filière cinéma et audiovisuel pour 165 millions d’euros et le soutien à l’audiovisuel public pour 70 millions d’euros), 

 

  • Des investissements d’avenir pour les industries culturelles et créatives (19 millions d’euros de crédits budgétaires et 400 millions d’euros au titre du PIA4, 4e Programme d’investissement d’avenir, sur 5 ans).

 

C’est donc un voile d’espoir qui souffle sur la France et un soulagement pour le monde de la culture. En effet, le secteur devrait voir l’avenir s’éclairer grâce à des aides de l’État inédites et sans précédent. En plus de la transition écologique, la transformation de l’industrie et la cohésion sociale et territoriale, et malgré les difficultés de rassemblements, la culture reste au cœur des préoccupations de l’État, pour notre plus grande satisfaction. Le plan de relance permet d’apporter une réponse transversale et immédiate à la problématique d’accès des industries culturelles et créatives (ICC) françaises aux opportunités économiques indispensables à leur relance, que ce soit en termes d’inscription dans les territoires, de visibilité dans l’environnement numérique et d’accès au financement bancaire.