Annonces de Jean Castex : où iront les 2 milliards d’aide promis à la Culture ?

La culture, au cœur de notre pays et de notre construction, marqueur du rayonnement international de la France, a largement souffert de la crise sanitaire. Avec 2 milliards d’euros pour la Culture, le ministère de la Culture, appuyé par Jean Castex, a décidé de lancer un plan de relance sans précédent pour reconstruire les secteurs culturels et soutenir les reprises d’activités.

Des annonces inédites pour soutenir la Culture 

Jean Castex avait déjà annoncé, 2 jours avant, la mise en place d’un nouveau mécanisme de compensation des pertes d’exploitation dues aux contraintes sanitaires pour soutenir la reprise d’activités des exploitants des salles. Selon lui, il est essentiel de reprendre : la vie et la création doivent être fortes. Ainsi, le Gouvernement consultera sans délai les exploitants afin de faire des propositions dans les prochains jours à la ministre de la Culture. 

« Depuis le début de la crise, le monde culturel et notamment le cinéma a fait preuve d’une résilience qui force l’admiration malgré les très grandes difficultés. Le secteur de la culture a été et continue d’être impacté par la crise sanitaire. Ainsi, le gouvernement a mobilisé plus de 5 milliards d’euros dans les secteurs de la culture et des médias et un arsenal de mesures exceptionnelles les plus ambitieuses d’Europe, ce qui constitue l’honneur de notre pays ».

Pendant le discours au festival du film d’Angoulême, Jean Castex annonce que l’État continuera à soutenir et accompagner le cinéma et assure vouloir aller plus loin grâce à un plan de relance. La culture bénéficiera d’une dotation exceptionnelle de 2 milliards d’euros sur 100 milliards du plan, ce qui représente plus du double de ce qui est consacré traditionnellement à la culture par l’État. Ce  choix inédit par le Président et le Gouvernement est fondé sur le constat que la culture reste un puissant levier pour conforter le pacte républicain et le lien social à un moment où ceux-ci sont questionnés. Cette relance doit s’accompagner d’une réaffirmation de notre modèle culturel. 

Jean Castex détaille ensuite les 3 défis du cinéma à relever :

  • redonner le goût de la salle de cinéma au jeune public, 
  • renforcer notre souveraineté culturelle, 
  • renforcer le soutien à la création, avec le CNC qui verra ses moyens renforcés par l’État à hauteur de 165 millions d’euros. 

Cette relance devra être exemplaire et solidaire, avec des engagements comme la diversité, la parité ou encore le développement durable, et irriguer tous les territoires. 

« En ces temps incertains, il faut plus que jamais investir dans la culture. Ces investissements bénéficieront à l’économie locale et à la sortie de crise, ce qui fait partie du rayonnement de la France (…). Tout sera mis en œuvre pour que les Français et les Français reprennent le chemin des salles obscures ». 

Crédit : Unsplash

Où iront les 2 milliards d’euros d’aide promis à la culture ?

Dévoilé ce jeudi 3 septembre, le plan de relance, appelé aussi France Relance, fait la promesse de 100 milliards d’euros pour éviter le décrochage économique. En effet, l’objectif est de permettre à la France de retrouver d’ici à fin 2022 le niveau de PIB de fin 2019, afin d’effacer l’impact de la crise sanitaire et de créer les emplois de demain notamment dans l’économie verte.

Quelles aides précisément pour la culture ? 

Comme promis par Jean Castex, 2 milliards d’euros de ce plan de relance seront attribués à la culture, gravement touchée par la crise sanitaire. En effet, le plan permettra de soutenir le patrimoine dans les territoires, favoriser la reprise du spectacle vivant et la reconquête du modèle de création, ainsi que la consolidation des grandes filières économiques culturelles.

Ainsi, cinq grandes priorités ont été dégagées :

  • La restauration du patrimoine pour 614 millions d’euros (280 millions pour la valorisation des métiers d’art et les savoir-faire d’excellence, 334 millions pour le soutien à la reprise d’activité des établissements publics patrimoniaux soutenant l’attractivité et le rayonnement international de la France), 

 

  • L’aide au spectacle vivant et aux établissements publics de création pour 426 millions d’euros (220 millions pour le spectacle vivant privé, hors mécanisme de soutien de la reprise d’activité, handicapée par la distanciation physique et 206 millions pour le spectacle vivant subventionné),

 

« Certaines de ces aides seront consacrées à la filière musicale dans son ensemble » afin de bénéficier aux producteurs, auteurs, diffuseurs et 10 millions seront directement accordés au CNM (Centre national de la musique) pour parachever « sa montée en puissance sur deux ans ». Enfin, 10 millions d’euros permettront « d’abonder le fonds d’urgence aux théâtres privés et aux compagnies non conventionnées ».

 

Le ministère de la Culture annonce que 206 millions seront destinés au spectacle vivant subventionné (dont 126 aux opérateurs publics nationaux comme l’Opéra de Paris ou la Comédie française) et 12 millions pour « l’emploi et les artistes auteurs ». 30 millions d’euros iront aux « institutions de spectacle vivant » (théâtre, danse, arts de la rue et cirque), 30 millions aideront « les ensembles, les orchestres et les festivals » et un fonds de 20 millions sera déployé « pour encourager la transition écologique des institutions de création en région »

 

  • Le soutien aux artistes et aux jeunes créateurs à travers des aides spécifiques à l’emploi, un programme exceptionnel de commande publique et un renforcement de l’enseignement supérieur culturel pour 113 millions d’euros (13 millions pour soutenir l’emploi artistique, 30 millions pour une grande commande artistique et l’élan à la création et 70 millions pour rénover les écoles de l’enseignement supérieur culturel), 

 

  • La consolidation des filières culturelles stratégiques (presse, cinéma et audiovisuel, livre, audiovisuel public, etc.) pour 428 millions d’euros (dont le plan filière presse pour 140 millions d’euros, le plan filière livre pour 53 millions, le plan filière cinéma et audiovisuel pour 165 millions d’euros et le soutien à l’audiovisuel public pour 70 millions d’euros), 

 

  • Des investissements d’avenir pour les industries culturelles et créatives (19 millions d’euros de crédits budgétaires et 400 millions d’euros au titre du PIA4, 4e Programme d’investissement d’avenir, sur 5 ans).

 

C’est donc un voile d’espoir qui souffle sur la France et un soulagement pour le monde de la culture. En effet, le secteur devrait voir l’avenir s’éclairer grâce à des aides de l’État inédites et sans précédent. En plus de la transition écologique, la transformation de l’industrie et la cohésion sociale et territoriale, et malgré les difficultés de rassemblements, la culture reste au cœur des préoccupations de l’État, pour notre plus grande satisfaction. Le plan de relance permet d’apporter une réponse transversale et immédiate à la problématique d’accès des industries culturelles et créatives (ICC) françaises aux opportunités économiques indispensables à leur relance, que ce soit en termes d’inscription dans les territoires, de visibilité dans l’environnement numérique et d’accès au financement bancaire. 

Spectacles, rassemblements et tournages : quelles mesures pour la rentrée ?

Si le ministère de la Culture avait annoncé la reprise des rassemblements de plus de 5 000 personnes sans autorisation préfectorale à partir de la rentrée, la rue de Valois a finalement fait machine arrière. Alors, où en sont les mesures liées aux spectacles, concerts et tournages ? Quelle reprise est envisagée ? On fait le point !

Le 11 mars, Nada Surf a donné un concert à la Cigale, à Paris. Crédit : Le Parisien/Yann Foreix.

 

Concerts et manifestations de plus de 5 000 personnes : quand le ministère de la Culture rétropédale

Les communiqués du ministère de la Culture

Le 4 août dernier, le ministère de la Culture diffusait un communiqué de presse précisant comment l’interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes dans le secteur culturel allait être levée, sous certaines conditions. Cette reprise devait se faire à partir du 15 août sur autorisation préfectorale, puis à partir du 1er septembre sans avoir besoin de l’avis du préfet. Pour ce faire, il avait été annoncé l’obligation du respect de la distanciation entre deux personnes ou groupes de personnes, ainsi que le port du masque.  

Le rétropédalage

Mais, moins de 48 heures plus tard, la rue de Valois faisait paraître un nouveau communiqué remettant en cause la date du 1er septembre, pour laquelle l’autorisation du préfet était finalement requise. Ainsi, chaque concert et chaque rassemblement restera soumis à un examen par les autorités et à une autorisation administrative « à titre exceptionnel ». Cette précision était loin d’être négligeable. 

Roselyne Bachelot, le 29 juillet, à la sortie du conseil des ministres. Crédit : Le Figaro

La situation actuelle 

À ce jour, le mardi 11 août, Jean Castex a annoncé la prolongation jusqu’au 30 octobre de l’interdiction des évènements de plus de 5 000 personnes, compte tenu de la dégradation de la situation épidémique en France. Lors de son déplacement à Montpellier, le premier ministre a cependant précisé que les préfets auront la « possibilité d’y déroger avec la vérification du strict respect des consignes sanitaires », avant d’ajouter « qu’on ne peut pas tout attendre des collectivités publiques, chacun exerce une part de responsabilité ». De ce fait, l’incertitude demeure.

Quelle reprise envisagée ?

Spectacles et concerts 

Concernant les spectacles et concerts, et en fonction des décisions préfectorales, on peut alors tout à fait imaginer des règles de distanciation comme l’indiquait le premier communiqué, avec le fait de laisser un siège entre deux personnes ou deux groupes de personnes. Le port du masque sera aussi probablement obligatoire. Cependant, il convient de noter que les grands shows seront compliqués à organiser et à maintenir, car il est difficilement envisageable de ne pas avoir un public debout. Cela empêcherait donc la tenue de grands concerts. En effet,, et même avant le rétropédalage, les artistes étaient encore en réflexion quant à leurs concerts de rentrée, compte tenu des mesures sanitaires encore en cours. On pense au concert de Matt Pokora à l’AccorArena le 15 septembre ou celui du rappeur Ninho les 20 et 21 septembre, avec le doute qu’ils soient maintenus. « Nous sommes en pleine réflexion », confirme Thierry Said, producteur de Matt Pokora. Cela dépendra désormais de l’accord des préfets.

Enfin, un sens circulatoire pourrait être envisagé, compatible avec la scénographie. 

Foires et salons

Du côté des foires et des salons, Art Paris Art Fair, le premier grand rendez-vous des amateurs d’art aura, aux dernières nouvelles, bien lieu du 9 au 13 septembre au Grand Palais. Les organisateurs limiteront leur jauge à 3 000 personnes. La Fiac, autre grand rendez-vous, annoncera début septembre si elle maintient son édition en octobre. En effet, le sort de la 47e Foire internationale d’art contemporain à Paris sera fixé début septembre selon l’évolution de la pandémie, c’est ce qu’annoncent ses organisateurs.

On pense aussi au Salon Maison & Objet, spécialiste du design et de la décoration, qui a normalement lieu en septembre : cette année, l’édition sera digitale. En effet, il faudra attendre janvier 2021 pour se donner rendez-vous physiquement à la prochaine session. « Malgré des signes encourageants liés à l’évolution positive de la pandémie, nous considérons qu’il y a encore beaucoup trop d’incertitudes concernant les conditions de déplacement des exposants et des visiteurs internationaux, affirme Philippe Brocart, directeur général du salon. Par ailleurs, le manque de clarification concernant les autorisations de tenue de grands événements au début du mois de septembre a fortement pesé dans notre décision de ne pas tenir l’édition de septembre du salon Maison & Objet, alors même que 80 % des surfaces étaient encore réservées en avril 2020. »

Tournages 

Alors que les équipes des fictions et émissions télévisées ont repris le chemin des plateaux, le cinéma espère lui aussi relancer ses tournages, interrompus pour certains depuis le mois de mars. Pour une reprise en toute sécurité, les acteurs et les équipes techniques devront respecter des mesures sanitaires strictes, dévoilées dans un guide des préconisations. Il y aura bien sûr les masques à disposition ainsi que du gel hydroalcoolique, mais également une réduction des effectifs et un aménagement des plateaux et des décors qui tiennent en compte les règles de distanciation. Les productions devront aussi définir les règles de circulation à l’aide de marquages au sol, la mise en place d’horaires décalés pour espacer l’arrivée des salariés, l’aménagement des temps de travail et de pauses pour assurer le nettoyage du matériel et des accessoires.

Et, comment vont se gérer les fameux baisers du cinéma ? C’est Allociné qui y a consacré un article à l’occasion de la journée internationale du baiser du 6 juillet dernier !  

En reprenant le guide des préconisations de sécurité sanitaire pour les activités de la production audiovisuelle cinématographique et publicitaire, Allociné énumère des solutions possibles que chaque tournage doit décider d’adopter ou non. On trouve ainsi à propos des scènes d’intimité, dont font partie les baisers, avec les recommandations suivantes :

  • Adaptation des certaines scènes prévues au scénario ou dans la narration (réécriture du scénario, changement de plan, utilisation d’inserts numériques, etc.), 
  • Port d’un masque par les artistes, mannequins ou cascadeurs, et, de toutes les façons, par tous les membres de l’équipe en proximité,
  • Sur la base du volontariat, mise en place de tests et/ou la prise de température (…),
  • Sur la base du volontariat, mise en place de périodes de quarantaine dont les modalités (rémunération, mesures d’isolement à respecter, etc.) seront fixées dans le contrat de travail, ou dans un avenant à celui-ci si la quarantaine est envisagée postérieurement à la conclusion du contrat,
  • Dans les limites du plan de travail, report du tournage d’une (ou des) scène(s) dans le respect des recommandations sanitaires nationales à un moment où le risque sanitaire sera réduit,
  • Ou toute autre mesure de prévention visant à limiter le risque COVID-19 prise dans le respect des recommandations sanitaires.

Il sera bien sûr difficile d’éviter tout contact physique, mais les mesures seront prises en amont pour vérifier qu’aucun risque n’est engagé. L’ancien ministre de la Culture, Franck Riester, avait assuré sur RTL que le baiser de cinéma n’était « pas fini ». Nous voilà donc sauvés, et pouvons continuer à rêver à l’amour encore et encore !

Les tournages, plus limités en nombre de personnes, devraient se poursuivre, et c’est tant mieux. Mais, malgré quelques éclaircies positives sur les spectacles et rassemblements, la rentrée demeure incertaine et la visibilité limitée. En effet, les décisions appartiendront aux préfets, et dépendront de l’évolution de l’épidémie, dont personne ne peut connaître l’avancée. La musique, l’art et la culture font partie de nos vies, de nos quotidiens, de nos « bonnes heures » et de notre bonheur. Alors, on espère qu’elles reprennent vite vie, et qu’elles dansent de nouveau autour de nous… 

Coronavirus et déconfinement : séries, films, plateaux TV, vers la reprise des tournages !

Avec la crise du Coronavirus, les tournages divers et variés de séries, films, chaînes et plateformes se retrouvent petit à petit à court de contenu audiovisuel. Ainsi, fleurissent sur les chaînes des séries au bout de leurs épisodes ou des rediffusions de vieilles émissions. Par ailleurs, les tournages de films devant sortir cet été ne sont pas terminés. Mais, bonne nouvelle, le déconfinement devrait permettre une reprise positive et un retour au travail et sur les plateaux ! Le cas contraire, le Gouvernement a aussi annoncé de bonnes nouvelles concernant les tournages qui seraient annulés. 

Des tournages à l’arrêt depuis 2 mois 

La fermeture des salles de cinémas n’aura pas été la seule conséquence sur la vie des films. En effet, plus largement, les tournages sont aussi à l’arrêt pour les séries, les émissions et toutes les plateformes qui n’ont plus grand chose à proposer en matière de contenus. En effet, la crise du Coronavirus a eu un impact sans précédent sur la production télévisuelle. 

Pour citer quelques exemples, côté cinéma, en France, l’adaptation par Fred Cavayé (Le Jeu) de la pièce de Jean-Philippe Daguerre aux quatre Molière, Adieu Monsieur Haffmann, avec Daniel Auteuil, Sara Giraudeau et Gilles Lellouche, est arrêtée. Le tournage des premières scènes avait pourtant débuté dans le XVIIIe arrondissement de Paris, quartier Montmartre, avec pour décor la reconstitution de la période de l’Occupation, époque de l’action. Les lieux sont d’ailleurs restés en l’état, ce qui a fait tourner de nombreuses photos sur les réseaux sociaux.

Crédit : Arthuro Peduzzi

Par ailleurs, au bout de cinq semaines, le tournage de Envole-moi de Christophe Barratier (Les Choristes) s’interrompit également, à 21 jours du bouclage.

Côté séries françaises, notons l’arrêt du tournage Un si grand soleil dont France 2 a fermé le plateau. TF1 a stoppé celui de Demain nous appartient. Ces deux séries étaient tournées à Montpellier. Si la chaîne privée continue la diffusion de sa série avec les épisodes déjà réalisés, la chaîne publique l’interrompt pour privilégier l’information. Pour TF1, la poursuite de la réalisation de Je te promets (adaptation française de la série américaine This Is Us), et celle de Gloria (Keeping Faith aux USA), sont stoppées. 

La bonne nouvelle ? Les plannings sont déjà remplis puisque les acteurs, réalisateurs et techniciens sont déjà sollicités et les plannings serrés, ce qui reste positif. 

Une reprise des tournages dans l’audiovisuel à partir du 11 mai 

 

En effet, la reprise dans le monde audiovisuel devrait avoir lieu à partir du 11 mai, ce qui est bon pour le secteur, l’activité et l’emploi. Il convient de noter toutefois que ce sont les sociétés de production qui devront prendre les décisions, en fonction des mesures gouvernementales, et non les diffuseurs. Les plannings et plans de travail devront bien sûr être revus intégralement. 

Pour les chaînes françaises historiques 

TF1, France Télévisions, M6, etc. attendent les règles de déconfinement, mais les nouvelles sont bonnes. En effet, la ville de Paris, en accord avec la préfecture de Police, a arrêté les conditions dans lesquelles les tournages pourront se dérouler dans la première phase de déconfinement, autorisant une reprise au 11 mai. Le producteur Jean-Luc Azoulay, à la tête de la série Les Mystères de l’amour sur TMC a annoncé une reprise du tournage de la saison 23 fixée au 12 mai. Les équipes techniques et acteurs devront être équipés de masques et de gants afin de garantir au mieux leur sécurité, même si le producteur s’interroge encore sur d’éventuels tests pour les acteurs, qui devront être « démasqués » lors des tournages des prises. 

Chez M6, le patron des programmes et des antennes du groupe Thomas Valentin a indiqué dans les colonnes du JDD : « Nous sommes dans l’incapacité de mettre à l’antenne, entre octobre et janvier, quelque nouveauté que ce soit ». Ceci est compréhensible, puisque ces diffusions auraient été le fruit des tournages qui n’ont pas eu lieu à cause du Covid-19. Malgré une reprise des tournages, il y aura donc bien sûr un décalage quant à la diffusion des programmes. 

Pour France Télévisions, Takis Candilis, numéro 2 de France Télévisions, s’est exprimé dans le Parisien-Aujourd’hui en France quant aux nouveautés de France Télévisions après le 11 mai. « On a besoin de comprendre, de remettre du lien, d’être émerveillé » dit-il. En effet, la chaîne a déjà privatisé le Théâtre du Châtelet à partir de la mi-juin pour y tourner des spectacles, notamment des pièces qui seront diffusées sur les antennes de France Télévisions tout l’été, à partir de la fin juin. Une soirée musique classique est aussi prévue avec le violoncelliste Gautier Capuçon, au profit de la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. La fête de la musique aura aussi lieu avec une soirée en prime time sur France 2, pour soutenir les artistes et les festivals. 

Quant à la reprise des tournages de France Télévision, elle se fera à partir des 16 et 17 mai : « 20h30 le samedi » et « 20h30 le dimanche » de Laurent Delahousse reviendront et seront exclusivement consacrés à la culture. Le 21 mai, il y aura « Le Grand Échiquier ». « La Grande librairie » sur France 5 reprend en studio, nous allons tourner 8 numéros inédits ». Concernant les jeux, notons l’enregistrement de N’oubliez pas les paroles de Nagui qui devrait reprendre au 11 mai et Fort Boyard dont le tournage devrait aussi avoir lieu cet été, tous masqués !

Takis Candilis / Crédit : Le Parisien

Notons que ces bonnes nouvelles sont primordiales pour le monde de l’audiovisuel, mais aussi pour les téléspectateurs. 

Pour les plateformes de streaming 

Il convient de noter que Netflix, Amazon ou encore Disney+ n’ont pas connu la crise. En effet, le confinement fut une véritable opportunité en matière de hausses des abonnements ! C’est d’ailleurs dans ce contexte que Disney+ a été lancé partout en Europe fin mars et début avril chez nous, pouvant annoncer le chiffre de 50 millions d’abonnés dans le monde six mois après son lancement. Ceci constitue un record inédit qu’ils ne pensaient pas atteindre si vite !

Malgré cette concurrence notable, Netflix se dit ne pas être inquiet sur les mois à venir, puisque son directeur des contenus, Ted Sarandos, a assuré dans une conférence en ligne adressée aux investisseurs que le calendrier de sorties 2020 devait et allait être respecté avec de nombreux programmes déjà en boîte. « Nos films et séries prévus pour 2020 sont pour la plupart déjà prêts à être diffusés ou en post-production. Pour The Crown par exemple, on en est aux touches finales donc la série sortira bien cette année », s’est-il félicité. « C’est très compliqué bien sûr mais c’est aussi remarquable : beaucoup de contenus vont être terminés depuis les salons, les chambres et les cuisines des équipes, partout dans le monde ! », ce qui prouve aussi l’efficacité du télétravail pour certains métiers de l’audiovisuel. 

En matière de productions françaises, Damien Couvreur, le directeur des séries originales, a assuré au Figaro que tous les projets en pré-production, production ou en développement -une vingtaine- vont se poursuivre, notamment la saison 2 de Family Business, ainsi que Arsène Lupin avec Omar Sy en gentleman-cambrioleur.

Un fonds d’indemnisation pour les tournages annulés 

Si, toutefois, certains tournages étaient annulés sans pouvoir reprendre, Emmanuel Macron a annoncé mercredi 6 mai la création d’un fonds d’indemnisation « temporaire », le secteur n’étant pas assuré contre les pandémies. « On va mettre (les assureurs, les banques) devant leurs responsabilités », a affirmé le Président, visant une reprise des tournages « au cas par cas » fin mai. 

Les plateformes à contribution pour la création audiovisuelle française

Concernant l’audiovisuel, première branche du secteur culturel, le président a plaidé mercredi 6 mai pour la transposition « avant la fin 2020 » de la directive européenne SMA (services de médias audiovisuel). En effet, cette réglementation prévoit notamment un rééquilibrage des règles entre les chaînes de télévision, soumises à de nombreuses obligations, et les plateformes en ligne, en les faisant participer à la création audiovisuelle française.

Côté Gouvernement, les nouvelles sont donc également bonnes concernant les tournages : des fonds d’indemnisation seront mis en place en cas d’annulation et une incapacité de reprendre. Plus largement, une vraie aide gouvernementale est apportée au secteur de la culture et des intermittents, ce qui laisse entrevoir une vraie éclaircie pour le monde de l’audiovisuel. Enfin, si le Président a aussi annoncé des aides pour la musique et les festivals, les incertitudes pour le monde du spectacle, les festivals et les concerts restent grandes. Ceci ne peut que nous rendre nostalgiques : cette part d’étoiles nous manque à tous, et on croise les doigts pour qu’elle refasse partie de notre ciel, très vite…

Covid-19 : quand les professionnels de la culture se mobilisent

Si le Coronavirus impacte considérablement le monde de la culture, les intermittents, prestataires, freelances ou professionnels du spectacle s’impliquent aux côtés du gouvernement et se mobilisent pour mettre en place des actions collectives de solidarité. Cette aide dans la lutte contre la pandémie mérite une vraie mise en lumière, avec quelques-unes de ces actions qui sont une grande leçon d’humanité pour nous tous ! 

Le collectif Free&Dispo et la mobilisation des freelances de l’event

Collectif de freelances de l’évènementiel et de la communication, Free&Dispo a décidé de se mobiliser et de se mettre en action pour faire face au Covid 19. Les expertises et complémentarités sont unies grâce à une plateforme de mise en relation de freelances prêts à agir bénévolement. L’idée initiale : adresser un message positif au secteur en ne restant pas inactif ! Au départ, ce sont environ vingt frees qui s’unissent pour concevoir dans un temps record la plateforme Free&Dispo, dédiée aux ONG, institutionnels et associations devant répondre à une problématique de communication ou d’action face à l’épidémie de Covid-19. Après envoi du brief, une prise en charge bénévole et très rapide donne lieu à une réponse pilotée par des binômes responsables de chaque chantier. Aujourd’hui, ce sont déjà plus de 600 freelances de l’event, dont un certain nombre à l’étranger, qui proposent leurs services bénévolement.

À Lyon, les professionnels du spectacle se mobilisent contre le coronavirus

Un collectif de professionnels du spectacle et de l’événementiel propose ses services techniques et logistiques afin d’aider des organismes (comme la Croix-Rouge ou le Samu) dans la lutte contre la pandémie. Premières personnes à souffrir de la crise du Coronavirus, les professionnels du spectacle et les sociétés de structures d’événements ont décidé d’aider à lutter contre la pandémie du Covid-19 en mettant à disposition les moyens techniques et logistiques dont les sociétés de spectacle disposent. 

La première action a eu lieu la semaine dernière avec la Croix-Rouge et la mise à disposition de locaux à Vaulx-en-Velin ainsi que du matériel (tables, chaises, frigo). La deuxième action aux Hospices Civils de Lyon a été le montage d’une couverture de scène par des volontaires de ces sociétés, afin que le Samu puisse laver et désinfecter ses ambulances. D’autres actions sont en cours dans toute la France, avec des prêts de salles et des bénévoles pour des tests de dépistage au Covid-19. 

Crédit : Le Progrès

Des sites d’accueil ouvrent leurs portes

En effet, dans le lignée de cette dernière initiative, il convient de noter que de nombreux sites d’accueil ouvrent leurs portes comme des parcs d’exposition vides. En effet, ils servent à accueillir des centres de dépistage du Covid-19 pour le personnel hospitalier ou les personnes à risque. 

Pour faire suite à l’annonce de l’annulation du 73e Festival international du film, le Palais des festivals de Cannes s’est transformé en centre d’accueil et d’hébergement pour les sans-abris. La Brest Arena accueille quant à elle un centre de consultations médicales depuis le 21 mars dernier.

À Metz, le centre de congrès Robert Schuman a pris l’initiative, pendant le confinement, de recevoir les enfants du personnel soignant. Le parc des expositions, quant à lui, est mis à la disposition des hélicoptères pour acheminer des malades en Allemagne. Notons aussi la mobilisation du Paris Expo Porte de Versailles : le site abrite désormais un camion de dépistage réservé aux soignants. Ce dispositif est étendu un peu partout, et de plus en plus. 

Enfin, le Hangar 14 à Bordeaux a décidé d’accueillir un centre dédié à l’aide alimentaire pour étudiants isolés. Ces initiatives répondent à l’appel de la Fédération des métiers de l’événement UNIMEV qui s’était adressée à Édouard Philippe le 17 mars pour offrir les services de ses adhérents.

La plateforme Prestataires solidaires du Synpase

Une plateforme d’entraide, Prestataires solidaires, a été créée par le Synpase, syndicat national des prestataires techniques pour le spectacle et l’événement. Ces professionnels souhaitent proposer leurs services et leur savoir-faire pour accompagner les services d’urgence, malgré l’impact considérable sur leur entreprise. Ils apportent ainsi leur expertise dans les domaines de l’électricité, structures, éclairage, sonorisation ou encore vidéo. Sur son site, la plateforme remercie aussi la Coordination des Techniciens du Spectacle Vivant Covid19, réunissant plus de 400 techniciens à travers le territoire. 

À travers toutes ces actions mises en place en France, les professionnels de la culture, comme bien d’autres professions touchées, ont décidé de s’unir et de se rendre utiles dans la lutte contre l’épidémie du coronavirus. Ces belles actions solidaires nous rappellent à quel point l’humain est grand, et plus fort que tout. Merci à toutes ces personnes qui font vivre la France, de près ou de plus loin, grâce à leur précieuse énergie et générosité. 

 

Quels métiers de l’audiovisuel restent possibles en télétravail ?

En ce mois de mars 2020, tous les professionnels de la culture sont fortement impactés par la crise du coronavirus. En effet, les annulations d’événements suite à l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes et la fermeture de l’ensemble des lieux culturels suite aux annonces gouvernementales annoncent des conséquences désastreuses dans ce secteur, pourtant essentiel. Ainsi, si de nombreux métiers de l’audiovisuel sont touchés, d’autres permettent heureusement le télétravail. Et c’est une bonne nouvelle, car c’est grâce à tous ces métiers que l’on peut rêver et s’évader au quotidien !

Quels sont les métiers de l’audiovisuel ? 

De manière générale, les trois piliers de l’audiovisuel sont le cinéma, la télévision et la radio. Selon l’étude L’audiovisuel en France de l’Afdas en 2018, le secteur regroupe 9 800 entreprises et 210 000 salariés. Cette étude, réalisée à partir des données d’Audiens, permet de mieux saisir les particularités des quatre secteurs d’activité qui composent le champ : la production audiovisuelle et cinéma, la prestation technique image et son, la radiodiffusion et la télédiffusion. 

Parmi quelques métiers de l’audiovisuel, nous pouvons citer par exemple cadreur, monteur, ingénieur du son, présentateur, animateur 2D ou 3D, cadreur, chargé de production, assistant réalisateur, scénariste, scripte, assistant plateau, assistant de production, animateur, superviseur des effets visuels, matte painter ou encore storyboarder, que nous allons d’ailleurs expliquer un peu plus bas !

Quels métiers de l’audiovisuel en télétravail ?

Dans un moment où il est difficile de se déplacer, avec certaines missions qui nécessitent d’être sur place, le télétravail reste possible pour certains métiers de l’audiovisuel. Nous avons relevé 5 métiers qui peuvent être exercés à la maison, essentiels dans la création, mais bien sûr cette liste n’est pas exhaustive !

L’animateur 2D ou 3D

Maître du mouvement, l’animateur 2D ou 3D est un spécialiste des images de synthèse, un artiste ! Il travaille pour des images du cinéma, mais aussi de jeux vidéos, publicités ou sites Internet. L’animateur donne vie aux personnages, créés par les auteurs graphiques et selon les instructions du storyboard. Si l’animateur doit savoir dessiner des postures, des portraits, des perspectives ou décomposer des mouvements, il travaille donc sur des logiciels d’animation qui lui permettent de travailler d’où il veut. Avec un bon ordinateur et les bons logiciels, l’animateur 2D ou 3D peut donc tout à fait envisager le télétravail.

 

Le scénariste 

Le scénariste adapte un roman pour le grand écran, prévoit tous les rebondissements d’une série, conçoit un jeu vidéo ou d’animation en 3D. Ce professionnel de l’écriture pense à tous les éléments du tournage : dialogues, décor, attitudes des acteurs, humour, etc. Le scénario peut être pure imagination, mais aussi l’adaptation d’un texte littéraire déjà existant. Le scénariste devant écrire, il peut tout à faire le faire depuis chez lui et n’a pas besoin de se rendre au bureau. Ce métier plutôt solitaire offre donc tout à fait la possibilité de télétravailler. 

 

Le matte painter 

Le matte painter permet de réaliser tous les décors et les environnements de rêve que nous voyons sur les écrans ! Il détoure les éléments du décor à l’aide de calques, travaille les lumières, les contrastes, les détails afin de créer une ambiance bien particulière dans le film. La neige, la pluie, le désert, tout ça. Ce vrai travail d’artiste se fait sur un ordinateur, ainsi, le travail à domicile est tout à fait possible ! Ça tombe bien, on a continuellement besoin de rêver ! Pour en savoir plus sur ce métier, découvrez ce qu’est le matte painting !

Le storyboarder 

Le storyboarder fait partie de l’équipe de production d’un film. En effet, il dessine le storyboard consistant en un ensemble de croquis qui fixent les différents plans du film. Pour une production 3D, le storyboarder dessine sur une palette graphique. Le storyboarder est donc chargé de la mise en scène de l’œuvre, avec pour mission de réaliser une première étape de mise en image de l’histoire à partir du script et des éléments graphiques (décors, personnages, etc.) dont il dispose, en suivant les intentions du réalisateur et/ou du chef storyboarder. Très attentif au scénario et aux attentes de réalisateur, le storyboarder intervient avant le tournage et peut tout à fait continuer à travailler à la maison. 

Le layout man/woman

Layout est un terme anglais, qui signifie « mise en page ». Il s’agit d’une étape de transition entre la phase de préproduction et la phase de production. Le layout intervient juste après le storyboard, qu’il transforme en une mise en scène 2D ou 3D. Ainsi, il isole et assemble les différents éléments constitutifs du storyboard : personnages, décors, etc. Il détermine aussi le cadrage de chaque plan. Le métier de layout s’exerce principalement sur des logiciels spécialisés, qui varient selon le type de production et le studio qui réalise le projet. Certains logiciels reviennent fréquemment, comme Maya, Toon Boom, Harmony, Adobe, Photoshop, 3DS Max. Le layout est également amené à travailler sur tablette numérique. Ainsi, avec ce travail sur différents logiciels, le layout peut tout à fait envisager le télétravail ! Son travail permettra ensuite aux animateurs 2D ou 3D d’intervenir. 

Si les événements « physiques » ne sont pas maintenus et qu’ils impactent des métiers comme les assistants plateau, vidéastes, ingénieurs son, scriptes et bien d’autres, d’autres métiers de l’audiovisuel peuvent être exercés à la maison, comme ceux que nous venons de citer, et parmi d’autres, car cette liste est loin d’être terminée !

En effet, des films continuent d’être pensés, tournés, réalisés ou montés, et fort heureusement, le télétravail permet de poursuivre ce travail sans tout arrêter. Bientôt, ils nous offriront un peu de rêve, à défaut d’avoir du live.

Les informations ou la télévision permettent aussi à des gens de travailler chaque jour, pour nous informer ou nous divertir. Le monde de la culture et de l’audiovisuel est essentiel à nos vies, et nous fait voyager. Ainsi, on ne remerciera jamais assez toutes les personnes derrière ces projets, sans qui notre monde n’aurait pas la même saveur. Prenez soin de vous et restez au chaud.  

Qu’est-ce que le Matte Painting ?

Installé confortablement devant ce film (peut-être même avec les pop-corns), vous vous demandez comment sont créés tous ces décors que vous apercevez au loin, là. Technique phare pour obtenir des décors de rêve, le Matte Painting permet aussi de modifier un paysage environnant déjà existant. Eh oui, tout ça pour le plus grand plaisir du spectateur, qui peut s’évader et rêver ici, là-bas. Ailleurs. On vous explique. 

Histoire du matte painting 

 

Depuis toujours, les réalisateurs ont à cœur de sublimer les plus belles histoires à l’écran et nous transmettre des émotions toujours plus fortes (que notre cœur batte la chamade, quoi). Et le Matte Painting n’est pas arrivé en même temps que les ordinateurs, mais bien avant. 

En effet, traditionnellement, le Matte Painting se faisait le plus souvent avec des peintures réalisées sur de grandes plaques de verre. En 1907, Norman Dawn utilise pour la première fois la technique de Matte Painting dans le film « Missions of California ». L’église, un peu trop vieille et abîmée, mérite un coup de lumière pour être bien intégrée dans l’histoire : une énorme plaque de verre est placée devant la caméra, sur laquelle un artiste venait peindre les parties manquantes avec un coup de pinceau millimétré. On appelait d’ailleurs ça davantage le « Glass Painting ». Et la lumière fut…

 

Crédit : cinépatas.com

 

L’ordinateur commence à être utilisé en 1985 seulement, et le premier digital Matte Painting est fait par Chris Evan dans le film « Le Secret de la Pyramide ». En 1990 c’est le film « 58 minutes pour vivre », qui utilise un Matte Painting traditionnel composé numériquement pour la première fois. Le Matte Painting devient alors un incontournable du cinéma. 

On notera un Matte Painting réalisé entièrement à la main, qui est un des derniers (et pas des moins titanesques, c’est le cas de le dire) : celui du film Titanic en 1997. 

Aujourd’hui, le Matte Painting se base essentiellement sur des photomontages, grâce à des logiciels de retouches comme Photoshop. 

Voilà, vous savez (presque) tout. 

Qu’est-ce que le Matte Painting aujourd’hui ?

 

Le Matte Painting est une technique véritablement artistique. Très concrètement, elle permet au réalisateur de : 

  • créer un univers neigeux en plein été (pourquoi pas), 
  • mettre une piscine en pleine forêt (vous seriez bien content),
  • créer des gratte-ciel en plein Paris (petit tour dans le futur),
  • créer des décors de science fiction (on adore), 
  • créer des paysages fidèles aux imaginations les plus farfelues et aux rêves les plus fous (les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais).

Bref, vous l’aurez bien compris, le matte painting permet de faire voyager le spectateur dans un univers fictif et différent, tout en se rapprochant au maximum de la réalité (manquerait plus qu’on n’est pas l’air crédible). En résumé, un vrai travail d’artiste, en toute subtilité. 

 

Crédit : backsidepixels.com

 

Comment c’est fait, plus concrètement ?

À partir d’une photo par exemple (de très bonne résolution), vous pourrez ajouter des éléments créés tout en gardant la perspective. Il convient aussi de respecter les règles de la composition.

Quésaco ? Pour les connaisseurs, puisque cela constitue des années de travail, il s’agit de la règle de la balance, des trois tiers (horizontaux et verticaux) et du Nombre d’Or notamment. Ensuite, il convient de détourer les éléments du décor à l’aide de calques, travailler le ciel, la lumières, les contrastes, les détails, pour donner une ambiance bien particulière. Il faudra aussi travailler soigneusement les formes à partir de leurs contours, les textures, la correction colorimétrique, les logiciels 3D, de compositing, mettre des effets, des paillettes, de la neige, tout ça tout ça. 

Comment devenir Matte Painter ? 

 

Tout d’abord, pour devenir matte painter, il faut réellement avoir une petite fibre artistique et aimer le côté créatif. C’est VOUS qui créerez un environnement intérieur ou extérieur en arrière plan, et qui ferez voyager les spectateurs. Une formation spécifique est fortement recommandée, notamment pour acquérir les nombreuses connaissances techniques nécessaires et la maîtrise des logiciels ad hoc. 

Le matte painting étant l’une des étapes de fabrication d’une œuvre d’animation, son enseignement est dispensé au sein des écoles d’animation. Les bases (perspective, proportion, colorimétrie par exemple) peuvent néanmoins s’apprendre dans tout autre école d’art.

Il convient de noter qu’un réseau d’écoles d’animation, baptisé Réseau des Écoles françaises de Cinéma d’Animation (RECA) a été créé à la demande du Centre National du Cinéma et de l’image animée : il regroupe 25 écoles qui se sont engagées à fournir une information claire et vérifiée sur leur offre de formation www.reca-animation.com.

Les jeunes diplômés entrent directement au poste de Matte Painter. Les embauches se font principalement sur test.

Le Matte Painting connaît d’importantes évolutions dues au numérique et aux techniques 3D : plus besoin d’être autant expert en dessin qu’avant, le salarié doit en revanche maîtriser de plus en plus de logiciels. Il devra intervenir sur de plus en plus d’étapes avant et après le Matte Painting : concept, lay-out, modeling, lighting, surfacing, texturing, pré-compositing. 

Le Matte Painter dépend de l’équipe « décors ». En effet, il travaille sous la responsabilité d’un chef Matte Painter, qui lui est placé sous l’autorité du superviseur du Matte Painting ou des effets visuels. 

Comme dans toute production, moins les projets sont importants, plus la chaîne hiérarchique est courte. Ainsi selon l’envergure des projets, le Matte Painter peut être en relation directe avec le directeur artistique, le production designer ou le chef décorateur, mais très rarement avec le réalisateur.

Le Matte Painting est une technique d’effets spéciaux presque aussi vieille que le cinéma, qui, comme l’art, se doit d’être subtile, sans trop en faire, tout en nous en mettant plein les yeux. Si sublimer l’arrière plan des scènes de cinéma avec réalisme est votre passion, lancez-vous ! Comme les étoiles, les possibilités sont infinies… 

Une réforme du FONPEPS pour favoriser l’embauche des CDD/CDI dans les entreprises relevant du secteur de l’audiovisuel et du spectacle.

Le Ministère de la Culture a réformé le FONPEPS et les 4 précédentes aides ont été regroupées et simplifiées en une seule.

L’aide porte désormais sur tous les salariés CDD/CDI embauchés à compter du 1er octobre 2019.

Les entreprises concernées sont celles relevant de la convention collective mentionnée à l’article 71 de l’annexe VIII au règlement d’assurance chômage annexé au décret du 26 juillet 2019 (production audiovisuelle, cinématographique, radiophonique, phonographique, prestataires techniques au service de la création et de l’événement, spectacle vivant, etc…)

Pour bénéficier de l’aide, l’embauche doit concerner un poste relevant des annexes VIII et X de l’assurance chômage et le salaire ne doit pas dépasser 4 fois le SMIC.

Le montant:

  • 10 000 € / an pendant 3 ans pour un CDI
  • 200 euros par mois pour CDD entre 1 et 4 mois
  • 300 euros par mois pour CDD entre 4 et 8 mois
  • 400 euros par mois pour CDD entre 8 et 12 mois
  • 500 euros par mois pour CDD supérieur à 12 mois.

Des aides spécifiques sont accordées pour l’embauche d’artiste lyrique ou de la voix.

Pour en savoir plus :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000039165357&categorieLien=id

 

ooviiz est aussi un cabinet de recrutement… Témoignage:

Gilles Bismuth, dirigeant de la société de communication Envie de Dire nous a confié le recrutement de son directeur de Studio en CDI.

Il nous livre un témoignage de son « expérience client » :

« Dans le cadre du développement de ma société, j’avais besoin de m’entourer d’un nouveau directeur de studio en CDI.
Je cherchais un profil vraiment polyvalent avec des compétences techniques, un esprit créatif et des qualités de manager. Il fallait aussi que cette personne soit autonome et qu’elle soit capable de s’inscrire sur le long terme.

J’ai fait appel à ooviiz pour gérer ce recrutement car il était stratégique pour moi.
Leur expertise dans le domaine de l’audiovisuel leur a permis de comprendre parfaitement et rapidement mon besoin.

Ils m’ont alors présenté plusieurs candidats avec des profils et des parcours différents et m’ont accompagné dans tout le processus de sélection.

Résultat : Je n’ai pas trouvé une mais deux perles rares ! J’ai tellement apprécié le profil de 2 candidats très complémentaires que j’ai crée un poste pour le 2ème !

Je suis vraiment ravi de ma collaboration avec ooviiz et je n’hésiterai pas à faire de nouveau appel à eux lors de mes prochains recrutements. »

Gilles Bismuth – Fondateur de l’agence Envie de Dire